Quand Fabrice Rosset est entrée au conseil d’administration de la maison Deutz en 1993, celle-ci perd beaucoup d’argent, la crise qu’avait connue la Champagne au début des années 90 avec un prix au kilo qui avait flambé et des bouteilles qui ne se vendaient plus ou seulement à prix cassé, avait fait beaucoup de dégâts. Propriété de la maison Roederer, la maison Deutz doit donc être reprise en main, et c’est la mission justement de Fabrice Rosset qui doit renouer avec les heures glorieuses de Deutz. Car à l’époque la maison ne vend plus que six cents mille bouteilles par an, quand à son plus haut c’étaient un million de cols qui étaient écoulées. Pour maintenir tant que faire se peut les volumes, la maison Deutz avaient créé quelques marques distributeurs. C’est la première chose qu’a supprimé Fabrice Rosset en prenant les commandes de la maison. La volonté était claire : redonner de la lisibilité et de la visibilité à la marque. Et pour cela un plan d’actions radicales a été mis au point. Un plan de bataille qui a début par un relookage en profondeur des étiquettes, des habillages et même des bouteilles.

Et naquit l’Amour de Deutz

La seconde étape de ce plan de bataille fut un coup de maitre. La création d’une cuvée, qui aujourd’hui est l’emblème de la maison, fut lancée. C’est un blanc de blancs qui fut choisi, un blanc de blancs élaboré à partir des meilleurs chardonnays de la maison. La cuvée fut baptisée Amour de Deutz du nom de la statue qui se trouvait dans la cour d’honneur de la maison. Au-delà du nom, Fabrice Rosset eut aussi le génie de décider de tirer cette cuvée dans une bouteille transparente. La maison Deutz tenait là sa cuvée glamour, le champagne à même de séduire une clientèle nouvelle. L’Amour de Deutz complète parfaitement la cuvée William Deutz, la cannibalise aussi peut-être un peu, et rencontre immédiatement un grand succès. La première année, ce sont 15 000 bouteilles qui ont été proposées à la vente, un volume qui a doublé en quelques années. Une croissance incroyable qui reflète celle que connaît la maison de champagne Deutz depuis sa reprise en main. Ses volumes ont triplé et atteignent aujourd’hui près de 2 millions de cols !

Deutz monte en gamme

Aujourd’hui le pari est ailleurs, il n’est plus dans la course au volume, mais dans la montée en gamme de la maison. La marque essaie de positionner les cuvées maisons au niveau tarifaire de marques plus prestigieuses. Ainsi le Brut Classic se positionne désormais au-dessus de 30 euros, tandis que l’Amour de Deutz veut définitivement rivaliser avec les plus grandes cuvées prestige que sont Dom Pérignon ou le Grand Siècle Laurent-Perrier. Un pari de taille, mais que la maison risque de bien de remporter si comme aujourd’hui elle continue à cumuler les prix et les distinctions. Ainsi dans le dernier Guide de la Revue du Vin de France, la cuvée William Deutz a obtenu un très beau 17/20, tout comme l’Amour de Deutz, tandis quand dans le Guide Bettane & Desseauve elles obtenaient respectivement 18,5 et 19/20 ! Le Brut Classic, le maitre étalon du talent d’une maison signait lui un joli 14,5/20 ! Le pari de Fabrice Rosset est en passe d’être remporté !